Choix d'un
orgue
Cela
a été toute une aventure, pour moi, que de piloter ce
dossier du choix de l'orgue pour la nouvelle église de
l'Épiphanie, et j'aurai probablement beaucoup de choses à
raconter à ce sujet. L'un de ces jours, peut-être!
Entre-temps, voici quelques notes tirées d'une réponse à
un confrère informaticien qui me posait des questions au
sujet de notre futur orgue:
...
Effectivement, j'aurais pu mettre de la pression et avoir
l'orgue au printemps, mais dans ce genre d'ouvrage fait
pour durer 200 ou 300 ans, il serait fou de vouloir
sauver 2 mois sans raison.
Les artisans se
suivent et se remplacent selon leur spécialité, mais ils
sont peu nombreux à travailler en même temps.
Pratiquement tout est fait à la main. Toute la mécanique
de l'orgue est essentiellement une pièce d'ébénisterie de
haute précision. Le buffet est de l'ébénisterie
décorative. Les tuyaux sont amalgamés, titrés, coulés,
étendus, martelés, roulés et assemblés à la main, mais
ailleurs, en Allemagne. L'harmonisation des 1245 tuyaux,
qui consiste à sculpter le son qu'ils produisent en
fonction de critères esthétiques bien définis, d'abord à
l'usine, ensuite au point de livraison.
Quoique certains
organiers partent d'arbres entiers et fasse eux-mêmes le
sciage des planches et le séchage, dans mon cas, les
matériaux bruts sont préparés et obtenus d'ailleurs. Il
s'agit d'abord de toute une panoplie de types de bois
séchés à la perfection, venant de divers pays selon la
dureté, la porosité, les qualités sonores et la beauté du
grain. Les tuyaux utilisent des mélanges précisément
dosés de plomb, d'étain, et de traces d'antimoine pour
les durcir. Les abrégés utilisent des tiges d'aluminium
et des fils de laiton obtenus d'ailleurs. Dans les
registres, il y a des anneaux télescopiques en plastique
qui ont été moulés ailleurs, et de grandes lames de
matériel synthétique qui, usinées sur place, sont quand
même achetées d'autres industries. Notre organier ne
fabrique pas lui-même ses colles. La soufflerie,
constituée d'un moteur électrique très silencieux et
d'une centrifugeuse, est toute entière achetée d'usines
spécialisées. Par contre, le soufflet cunéiforme sera
assemblé sur place, pans et peaux.
L'organier sait
très bien où il s'en va. Mais je suis les travaux au nom
de la paroisse, pour bien connaître la manière dont notre
orgue sera fait, et interagir si le cas me semble
critique. Mais le contrat est explicite sur un très grand
nombre de points, la marge de manoeuvre n'est pas très
grande.
Des gens m'ont
suggéré de plonger et de me gaver de musique, autant que
je le puis, de manière à me préparer à faire un meilleur
choix. Voici un peu de quelle manière j'ai procédé.
En musique, je
pratique l'orgue régulièrement à l'Assomption (un
Casavant 1926 électropneumatique de 28 jeux sur 3
claviers, devis romantique servant la musique française)
et à Repentigny (un Guilbault-Thérien 1988 mécanique de
22 jeux sur 2 claviers, devis classique servant les
musiques françaises et allemande). En plus du répertoire
«classique» auquel j'ose m'attaquer, je voudrais
apprendre quelques pièces québécoises composées
récemment. Je pense de ce temps-ci à écrire quelques
harmonisations de courtes pièces, plutôt que toujours les
improviser lorsqu'on me demande d'accompagner aux
offices. J'ai en tête de faire la transcription pour
orgue d'une grande pièce orchestrale, de Holst.
Je participe
aussi à plusieurs groupes d'organistes: l'AOM et Laudem à
Montréal, et sur invitation, quelques activités des AO de
Québec ou d'ailleurs. Justement, je passe la journée de
lundi à l'abbaye cistercienne de Rougemont à un atelier
sur l'improvisation d'accompagnement. Je m'occupe aussi,
à temps perdus, d'organiser une association locale d'Amis
de l'Orgue dans mon village. J'assiste aussi à plusieurs
concerts, bien sûr. Justement, Mario Duella joue dimanche
à 14:30 à l'église Saint-Marc-de-Rosemont (Beaubien,
quelques blocs à l'est d'Iberville), sur un Casavant 1961
de 38 jeux répartis sur 3 claviers. C'est un orgue de
tradition romantique française qui a la bizarre
originalité de ne pas avoir de buffet. Viens faire un
tour: c'est gratuit (il y a quête à la fin).
En informatique,
de ce temps-ci, le projet GNU m'occupe avec l'entretien
de m4, de gptx et de wdiff, mais
aussi par quelques contributions au projet Autoconf et à
Taylor UUCP, et un grand nombre de broutilles qu'il
serait long d'énumérer. Comme projet spécial, j'ai en
tête un convertisseur automatisé de texte ASCII vers
Texinfo, dans le but de traiter la majorité des FAQ sur
Usenet. Je veux apprendre de manière approfondie l'usage
de TeX, METAFONT et le système de fenêtrage X. J'ai
quelques projets libres en infographie ou en traitement
d'images; depuis quelques semaines, je réfléchis au
problème de la vision stéréoscopique, mais cela me semble
très ardu.
Je combine
musique et informatique dans un projet scoredit,
qui n'est pas très avancé mais qui devrait prendre de
l'ampleur. Il s'agit d'un système d'édition de partitions
musicales, conduit interactivement. Je veux aussi
m'attaquer au problème de la reconnaissance optique de
partitions déjà écrites. En moindre priorité, je voudrais
traiter de la production de séquences MIDI, parce que
plusieurs me le demandent.
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