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L'Épiphanie et l'AssomptionMon frère Gilles, voyageur depuis beaucoup d'années, me questionnait au mois de 1996-07 sur mon implication en tant qu'organiste — à quels endroits et à quelle fréquence. La réponse que je lui ai alors faite a été intégrée dans cette note. Il y avait foison
d'organistes à L'Épiphanie, et pénurie à
l'Assomption. Je n'accompagne à l'Épiphanie que rarement, lorsqu'ils ne trouvent vraiment pas d'autre organiste. Bien avant, Claire Roux a longtemps été titulaire dans l'ancienne église, et était plutôt jalouse de son orgue, m'a-t-on raconté. Les marguillers, pensant résoudre un problème, ont aboli le poste de titulaire et se sont mis à distribuer les messes comme des cartes entre les personnes intéressées à jouer. Il y a sept personnes qui touchent l'orgue, et quelques-unes plutôt âpres aux petits gains qu'une telle activité procure. J'ai jugé que je serais fort malvenu d'aller ajouter ma présence comme élément de bisbille supplémentaire, alors j'ai assez systématiquement refusé les invitations gentilles que l'on m'a souvent faites. Les gens semblent apprécier que je m'occupe des aspects techniques de l'orgue dont personne d'autre ne veut se charger, et dans le fond, tout le monde est bien content que je leur épargne la tâche délicate de gérer un désir de jouer aux offices que j'aurais. Il est vrai que plus tard, pendant toute la cure de Louis-de-France Gagnon, j'ai accompagné un office en semaine, profitant de mon passage hebdomadaire à l'Épiphanie. De toute façon, cette messe n'aurait pas eu d'autre accompagnement, et je n'ai pas demandé un sou, alors personne n'en a pris ombrage. Malgré que l'Épiphanie dispose d'un bel orgue, les personnes qui le touchent ne l'apprécient pas nécessairement pour ce qu'il est. L'une préférerait un instrument électronique où l'on peut, dit-elle, plus facilement faire de la musique populaire. L'autre regrette l'orgue tubulaire que nous avions avant que l'église brûle, un peu à cause de la maniabilité offerte par les tirages programmables qu'il possédait, aussi par le fait que la touche y était pneumatiquement assistée. Notre orgue actuel, ayant une action complètement mécanique, a une touche plus dure à laquelle on peut être moins enclin à s'habituer. Par contre, je joue avec régularité une fois par semaine à l'Assomption, où Olivette Cormier est titulaire. Je respecte son titulariat, et elle ne me perçoit pas comme en compétition avec elle. Lorsque la maladie la tient à l'hôpital, comme cela s'est produit à quelques reprises depuis trois ans, je la remplace plus complètement et j'accompagne la chorale liturgique (qui est excellente, en passant — Micheline Vachon est un chef de chœur compétent et fort dynamique), et m'occupe aussi de mariages et funérailles. À cette époque,
je ne jouais nulle part ailleurs. Je me souviens
toutefois avoir joué pour deux évènements spéciaux: lors
de la messe inaugurale de la petite chapelle attenant à
un foyer pour personnes âgées, à l'Assomption, et aussi à
Montréal, lors du mariage d'un ami , professeur à
l'Université, qui a insisté pour que je touche l'orgue
(Pièces
pour Marc et Sabine). |
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